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Stendhal Lucien Leuwen Rencontre Amoureuse

Lhistoire de la robe terminée, Lucien ne se sentit plus le courage de parler. Il écouta M. Le préfet, qui répétait avec une fatuité bien lourde un article des Débats de la veille. Ces gens-là professent, et ne font jamais de conversation, pensait Lucien. Si je massieds, je mendors ; il faut fuir pendant que jen ai encore la force. Il regarda sa montre dans lantichambre ; il nétait resté que vingt minutes chez madame Berchu. stendhal lucien leuwen rencontre amoureuse Si cétait un effet de votre bonté, je ne me laisserai panser que quand vous serez là Le fils de M. Leuwen, le riche banquier qui entretient mademoiselle Des Brins, de lOpéra Car, voyez-vous, mon lieutenant, dit-il en élevant de nouveau la voix quand ils verront que je ne veux pas boire leur opium en me pansant, crac! un coup de lancette est bien vite donné, là, dans le ventre. Et ça me brûle! Ça me brûle! Ça ne durera pas, ça ne peut pas durer. Pour demain, voulez-vous ordonner, car il me semble que vous commandez ici Et pourquoi commandez-vous? Et sans uniforme, encore! Enfin, au moins pansé sous vos yeux Et le grand chirurgien puissant, a-t-il dit oui ou non? Voilà le fait. La soirée fut terrible pour ce jeune homme, qui commençait la plus brillante carrière du monde et la plus gaie. Son domestique Aubry était depuis nombre dannées dans la maison de son père ; cet homme voulut faire le pédant et donner des avis. Lucien lui dit quil partirait pour Paris le lendemain matin, et le chargea de porter à sa mère une caisse de fruits confits. Sans doute, répondit Lucien avec une véracité jésuite. Les voyageurs sarrêtèrent quatre heures dans un bourg et écrivirent plus de quarante pages sur MM. Malot, Blondeau et Riquebourg. La conclusion était que, même sans destitutions, M. Blondeau aurait une majorité de quatre voix à dix-huit. Le moyen décisif inventé par M. De Rique bourg, la faillite à Nantes, la nomination de M. Aristide Blondeau secrétaire général du ministère des Finances, et enfin les vingt-cinq louis de M. Le grand vicaire, furent annoncés au ministre par une lettre à part, toute en chiffres, adressée à M rue Cherche-Midi, n 3, dont loffice était de recevoir ces lettres et décrire les lettres que Son Excellence voulait faire passer pour être de sa main. Madame Grandet navait rien de romanesque dans le caractère ni dans les habitudes, ce qui formait, pour qui avait des yeux et nétait pas ébloui par un port de reine et une fraîcheur digne dune jeune fille anglaise, un étrange contraste avec sa façon de parler toute sentimentale et toute démotion, comme une nouvelle de M Nodier. Elle ne disait pas : Paris, mais : cette ville immense. Madame Grandet, avec cet esprit si romanesque en apparence, portait dans toutes ses affaires une raison parfaite, lordre et lattention dun petit marchand de fil et de mercerie en détail. Quoi! elle est sortie? Vraiment? dit Lucien. Et il restait anéanti et comme pétrifié. Si peu fâché, que je vais vous prier de me dire les noms de ces beaux messieurs qui, si je ne me trompe, cherchent à vous plaire. Ainsi cest peut-être à vos beaux yeux que je dois les marques déloignement dont ils mhonorent en ce moment. stendhal lucien leuwen rencontre amoureuse Il se trouva au bout de quelques instants que Leuwen donnait le bras à madame de Chasteller, et deux des demoiselles de Serpierre marchaient à leurs côtés ; le reste de la famille était à dix pas. Il prit un ton fort gai pour ne pas trop attirer lattention de ces demoiselles. Êtes-vous content? dit le ministre des Finances, à la Chambre, à M Leuwen. Tu sais ce qui test dû, tu vois que je sais tout : Ça été ma première pensée. Il men vient une seconde : quand quelquun agit pour des ministres, ce nest pas de ladversaire quil a peur, mais des gens quil sert. Cest ainsi que les choses marchaient à Constantinople dans le bas-empire. Si je navais rien fait et écrit de belles lettres, jaurais encore sur le cœur la boue de Blois. Vous mavez vu faible. Lunion fait la force. Si ce principe est vrai partout, il lest surtout dans les assemblées délibérantes. Il ny a dexception que quand on a un Mirabeau, mais qui est-ce qui est Mirabeau? Pas moi pour un. Nous compterons pour quelque chose si aucun de nous ne tient avec opiniâtreté à sa façon de voir. Nous sommes vingt amis, eh bien! il faut que chacun de nous pense comme pense la majorité, qui est de onze. Demain, on mettra un article de loi en délibération dans la Chambre ; eh bien! après dîner, ici, entre nous, mettons en délibération cet article de loi. Pour moi, je nai davantage sur vous que détudier les roueries de Paris depuis quarante-cinq ans. Je sacrifierai toujours mon opinion à celle de la majorité de mes amis, car enfin, quatre yeux y voient mieux que deux. Nous mettrons en délibération lopinion quil faudra avoir demain ; si nous sommes vingt, comme je lespère, et que onze se déclarent pour oui, il faut absolument que les neuf autres disent oui, quand même ils seraient passionnément attachés au non. Cest là le secret de notre force. Si jamais nous arrivons à réunir trente voix sûres sur tous les sujets, les ministres nauront plus aucune grâce à vous refuser. Nous ferons un petit mémorandum de la chose que chacun de nous désire le plus obtenir pour sa famille je parle de choses faisables. Quand chacun de nous aura obtenu de la peur des ministres une grâce à peu près de la même valeur, nous passerons à une seconde liste. Que dites-vous, messieurs, de ce plan de campagne législative? Daignez, monsieur, maccorder un mot de réponse claire. stendhal lucien leuwen rencontre amoureuse Le fait est que le comte Roller croyait sapercevoir que Leuwen, quil navait jamais rencontré chez madame dHocquin court, allait jouer un rôle agréable dans cette soirée, ce que ne pouvant digérer il sortit. Vous êtes un bien brave homme Le riche banquier Leuwen, avec mademoiselle Des Brins, ça ne triche pas Mais le général N? Après ce grand mot prononcé, M. Leuwen se sentit saisi dun tel besoin déclater de rire quil senfuit M. Grandet était rentré chez lui pâle et désespéré. De toute la journée il ne fut plus tenté de se comparer à Colbert. Il avait justement le degré de tact nécessaire pour comprendre quil avait souverainement déplu au maréchal. Il est vrai que la grossièreté du vieux général, ennuyé, voleur et rongé de bile, avait proportionné sa conduite à la rapidité de tact de M Grandet. Leuwen et sa mère navaient pas eu une seconde dincertitude. Le contrat fut signé avec MM. Reffre et Gavardin, qui donnèrent 4.000 francs de pension viagère à madame Leuwen parce quun autre commis offrait cette augmentation. Du reste, le contrat fut signé avec les clauses indiquées ci-dessus. Ces messieurs payèrent 100.000 francs comptant, et le même jour madame Leuwen mit en vente ses chevaux, ses voitures et sa vaisselle dargent. Son fils ne sopposa à rien ; il lui avait déclaré que pour rien au monde il ne prendrait autre chose que sa pension viagère de 1.200 francs et 20.000 francs de capital. Le site http:www.alliance-meeting.fr a pour objet de fournir une information concernant lensemble des activités de la société. Cest au milieu de tout cela que Lucien vivait. Il était bien rare quil passât une journée sans voir le docteur, et, même dans le monde, ce terrible docteur lui adressait souvent ses improvisations passionnées. Une haute et sublime dévotion, ou bien avoir de lesprit comme madame de Staël, ou bien une illustre amitié ; devenir lamie intime de la reine ou de madame Adélaïde et une sorte de madame de Polignac de 1785, être ainsi à la tête de la cour des femmes et donner des soupers à la reine ; ou bien il fallait au moins une illustre amitié dans le faubourg Saint-Germain. Flaubert peut rebuter par certains côtés : on dit souvent que Léducation sentimentale est le roman de lennui, le héros, Frédéric nest pas très reluisant mais certains passages sont Quelle est bien la profondeur du fossé creusé entre le palais des Tuileries et le jardin? lui disait un jour le comte de Vassignies.