Réécouter Soignants après la tempête écouter 28 min 28 min et jen sais dimmortels qui me laissent sans mots. De son apparition. Les mêmes mots prononcés dans des lieux différents, ne Je voulais écrire un poème, William Carlos Williams, Unes, 2000
savons comprendre avant de condamner, nous serons sur la voie de lhumanisation Son fil conducteur reste le projet personnalisé et utilise lexpérimentation comme levier. Il impose encore un subtil équilibre entre la prise de risque nécessaire dans le chemin vers lautonomie et la protection de la personne à lendroit de sa fragilité. En enfer. Inutile de rappeler la scène tragique qui
Où en suis-je aujourdhui? Je ne sais au juste. Jai de la difficulté à me reconnaître sur le fil des évidences dont je suis linterné et le témoin, lécuyer et le cheval. Ce nest pas moi qui ai simplifié les choses, mais les choses horribles mont rendu simple. Tu peux faire figurer à cette Exposition qui je fus en 1930-1934. Je puis dire en quelques lignes, si tu le désires, mon affection durable pour ce grand moment de ma vie qui ne connut jamais dadieu, seulement les mutations conformes à notre nature et au temps. Il a été proposé de travailler en particulier, mais sans exclusive, à partir de lanthologie Je suis un enfant de partout, parue chez Rue du monde. Exposer le poème, cest donc mettre en mouvement des corps pour cette traversée du réel qui est aussi traversée du et par le poème, ce que formule magnifiquement Jean-Louis Schefer à loccasion de lexposition Faire du chemin avec : Ce lieu aujourdhui nest pas seulement celui dune exposition : une histoire ne sy raconte pas exactement, elle ne suit pas non plus un chemin de métaphores ou dallégories. Le poème se traverse par zébrures, éclairs, lignes plus ou moins rapides. Ce chemin est parcouru à plusieurs ; les peintres ne sont pas ici des passeurs, mais des compagnons. Les enfants savent quil nexistent pas de pont, seulement leau qui se laisse traverser. Se traverse ou se parcourt. Et que faisons-nous ici, sinon marcher avec le poème? et marcher justement parce que le poème que René Char écrit ici, aujourdhui même, nous conduit à son occasion, à cet éclair premier, dans cette pensée sans calcul où toute forme de grâce offre une chance humaine. Le poème ici continué par le mystère préservé de cet orme où lhomme a été jeté à la recherche de son humanité.
On lui a même demandé de mettre un pied sur lautre parce quil ne restait quun clou. À tous les poètes qui veulent murmurer, déclamer, lire, crier leurs mots disposeront de 3 minutes maximum. Ulysse revenu de voyage et son ami Mentor sont assis sur la plage. Rueff le raconte dans un poème en italien, Ulisse bentornato. Alors seulement le rôle que Mentor joue par amitié prend fin. Et chacun devient alors responsable de ses propres textes. Il est un spectateur, comme le lecteur. Il est paralysé, fasciné, médusé et même crispé. Ce sont des termes associés au corps. La réaction du poète est donc corporelle. Le vent chargé de bruits-la ville nest pas loin-puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard. Douglas Mac Arthur. Que cest la seule chose intelligente et bonne. Tout le reste est duperie, 5Cette approche frontale de la question de la langue chez Celan nous invite à revenir sur sa poétique, et donc à une relecture de son discours intitulé Le méridien, qui nous dresse un chemin de limpossible p. 18 selon un texte de Paul Audi, tandis quune contribution de Bernhard Böschenstein met en évidence les sources et matériaux qui forment le centre de sa poétique. Demblée, ce sera le fondement éthique du poème qui retiendra ici lattention, lorsque le poème communique et persiste en luimême comme la rose de personne. Le poète écrit dans le monde et pour lui pour rendre à chaque autre ce quil a de plus propre. Cest que le temps du monde récuse le temps de chacun, dans la mesure où il fait apparaître, où il laisse entrer sous son égide, ce quil voue dentrée de jeu à la disparition p 18. Telle est la ténuité et la fragilité du souffle qui donne au poète sa parole, ses mots. Telle est aussi sa singularité. Le poème pose la question dune datation et dun lieu, cestàdire de savoir à partir de quelle espèce dimpossible le poème peut ouvrir un accès à luimême. Singulière solitude de celui qui en parlant peut aussi dire Je. Le poème parle et peut dire sa propre ipséité. Mais si le poème peut tout dire, qui le nommera lui? Lart ou la poésie? Ainsi, Le méridien pose la question du lieu du poème, son lieu propre à partir duquel il devient et demeure luimême. La poésie doit sexposer. Elle est mise en chemin, à défaut dêtre ellemême le chemin qui conduit lhomme à saisir le sens de laventure humaine. Elle est donc ancrée dans lhistoire, mais une histoire dont le sens de laltérité sera défait par les chambres à gaz. Tel est le devoir du poème : dire en son nom propre, maintenant que le pire est advenu, ce qui sest passé alors que tout le monde est sans voix. Le poème consent à rompre le silence pour devenir la mémoire du plus terrible des mutismes. En même temps il doit laisser résonner autre chose que lécho du crime des assassins. Telle est la double thèse qui gît au cœur du Méridien, lantagonisme qui fait progresser sa dialectique interne. En regard de cette tension entre lArt et le poétique, il faut reconnaître que le poétique est ce que la poïétique ne peut résorber. Il est ce lieu propre du poème que cherche Celan et qui ne peut se confondre avec limage, le trope ou la métaphore, qui tous relèvent de lArt. Le lieu de la poétique est ailleurs et cet ailleurs na cessé de hanter la modernité. Dans le Méridien, Paul Celan choisit une seconde thèse, qui nest pas une esthétique de lart mais plutôt une éthique, ou une esthéthique comme le propose Paul Audi, qui pose ainsi son lieu et détermine ses conditions : lexigence inconditionnelle dun écrit poétique prend fait et cause pour sa propre liberté p 23. Telle est la condition pour que le poème puisse accéder à son essence. Sur ce chemin impossible mais obligé, lexigence éthique de Celan se détache de ce fond tragique car le poète est celui qui choisit ce chemin de limpossible. Cest ainsi que saccomplit dans le poème cette disposition à accueillir lévénement quest lAutre. Celan croit à une fin de la poésie. Il na dautre choix que de reconnaître limpossible chemin du poème, en le tenant sur une crête ou dans la tension du présent, oscillant entre un déjà plus et un toujours encore. Contrairement à Heidegger, pour Celan, il ny a pas de temporalité exstatique du poème. Sa seule assise temporelle est son actualisation présente. Le poème est libre dans son geste, et sa contreparole doit donc se concevoir en opposition avec toute forme de pétrification artistique. Telle est la subjectivité du poème qui à la fois peut dire je et, dans le même mouvement, a le pouvoir de parler en appelant lautre comme un tu. Tous les étudiants parisiens connaissent cette enseigne, située au numéro 30 du boulevard Saint-Michel dans le Quartier latin. Pendant des heures entre deux cours, ils ont tous flâné au moins une fois dans ses rayons denviron 6 500 m2 en ajoutant la papeterie, que ce soit à la recherche dun livre doccasion, dune bande dessinée ou juste de bonnes idées de lecture. Toutes nos condoléances. Son frère Tobi et sa belle-sœur Geneviève Ramírez.