{"id":6944,"date":"2020-07-01T13:59:03","date_gmt":"2020-07-01T13:59:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jab.lv\/forum\/?p=6944"},"modified":"2020-06-24T12:49:31","modified_gmt":"2020-06-24T12:49:31","slug":"stendhal-lucien-leuwen-rencontre-amoureuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/2020\/07\/01\/stendhal-lucien-leuwen-rencontre-amoureuse\/","title":{"rendered":"Stendhal Lucien Leuwen Rencontre Amoureuse"},"content":{"rendered":"<p>Lhistoire de la robe termin\u00e9e, Lucien ne se sentit plus le courage de parler. Il \u00e9couta M. Le pr\u00e9fet, qui r\u00e9p\u00e9tait avec une fatuit\u00e9 bien lourde un article des D\u00e9bats de la veille. Ces gens-l\u00e0 professent, et ne font jamais de conversation, pensait Lucien. Si je massieds, je mendors ; il faut fuir pendant que jen ai encore la force. Il regarda sa montre dans lantichambre ; il n\u00e9tait rest\u00e9 que vingt minutes chez madame Berchu. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/oer2go.org\/mods\/fr-wikipedia-static\/content\/i\/m\/liste_des_femmes_aim%25c3%25a9es_par_stendhal.jpg\" alt=\"stendhal lucien leuwen rencontre amoureuse\" align=\"right\"> Si c\u00e9tait un effet de votre bont\u00e9, je ne me laisserai panser que quand vous serez l\u00e0 Le fils de M. Leuwen, le riche banquier qui entretient mademoiselle Des Brins, de lOp\u00e9ra Car, voyez-vous, mon lieutenant, dit-il en \u00e9levant de nouveau la voix quand ils verront que je ne veux pas boire leur opium en me pansant, crac! un coup de lancette est bien vite donn\u00e9, l\u00e0, dans le ventre. Et \u00e7a me br\u00fble! \u00c7a me br\u00fble! \u00c7a ne durera pas, \u00e7a ne peut pas durer. Pour demain, voulez-vous ordonner, car il me semble que vous commandez ici Et pourquoi commandez-vous? Et sans uniforme, encore! Enfin, au moins pans\u00e9 sous vos yeux Et le grand chirurgien puissant, a-t-il dit oui ou non? Voil\u00e0 le fait. La soir\u00e9e fut terrible pour ce jeune homme, qui commen\u00e7ait la plus brillante carri\u00e8re du monde et la plus gaie. Son domestique Aubry \u00e9tait depuis nombre dann\u00e9es dans la maison de son p\u00e8re ; cet homme voulut faire le p\u00e9dant et donner des avis. Lucien lui dit quil partirait pour Paris le lendemain matin, et le chargea de porter \u00e0 sa m\u00e8re une caisse de fruits confits. Sans doute, r\u00e9pondit Lucien avec une v\u00e9racit\u00e9 j\u00e9suite. Les voyageurs sarr\u00eat\u00e8rent quatre heures dans un bourg et \u00e9crivirent plus de quarante pages sur MM. Malot, Blondeau et Riquebourg. La conclusion \u00e9tait que, m\u00eame sans destitutions, M. Blondeau aurait une majorit\u00e9 de quatre voix \u00e0 dix-huit. Le moyen d\u00e9cisif invent\u00e9 par M. De Rique bourg, la faillite \u00e0 Nantes, la nomination de M. Aristide Blondeau secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re des Finances, et enfin les vingt-cinq louis de M. Le grand vicaire, furent annonc\u00e9s au ministre par une lettre \u00e0 part, toute en chiffres, adress\u00e9e \u00e0 M rue Cherche-Midi, n 3, dont loffice \u00e9tait de recevoir ces lettres et d\u00e9crire les lettres que Son Excellence voulait faire passer pour \u00eatre de sa main. Madame Grandet navait rien de romanesque dans le caract\u00e8re ni dans les habitudes, ce qui formait, pour qui avait des yeux et n\u00e9tait pas \u00e9bloui par un port de reine et une fra\u00eecheur digne dune jeune fille anglaise, un \u00e9trange contraste avec sa fa\u00e7on de parler toute sentimentale et toute d\u00e9motion, comme une nouvelle de M Nodier. Elle ne disait pas : Paris, mais : cette ville immense. Madame Grandet, avec cet esprit si romanesque en apparence, portait dans toutes ses affaires une raison parfaite, lordre et lattention dun petit marchand de fil et de mercerie en d\u00e9tail. Quoi! elle est sortie? Vraiment? dit Lucien. Et il restait an\u00e9anti et comme p\u00e9trifi\u00e9. Si peu f\u00e2ch\u00e9, que je vais vous prier de me dire les noms de ces beaux messieurs qui, si je ne me trompe, cherchent \u00e0 vous plaire. Ainsi cest peut-\u00eatre \u00e0 vos beaux yeux que je dois les marques d\u00e9loignement dont ils mhonorent en ce moment. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.bookine.net\/esobout.jpg\" alt=\"stendhal lucien leuwen rencontre amoureuse\" align=\"right\">  Il se trouva au bout de quelques instants que Leuwen donnait le bras \u00e0 madame de Chasteller, et deux des demoiselles de Serpierre marchaient \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s ; le reste de la famille \u00e9tait \u00e0 dix pas. Il prit un ton fort gai pour ne pas trop attirer lattention de ces demoiselles.  \u00cates-vous content? dit le ministre des Finances, \u00e0 la Chambre, \u00e0 M Leuwen. Tu sais ce qui test d\u00fb, tu vois que je sais tout : \u00c7a \u00e9t\u00e9 ma premi\u00e8re pens\u00e9e. Il men vient une seconde : quand quelquun agit pour des ministres, ce nest pas de ladversaire quil a peur, mais des gens quil sert. Cest ainsi que les choses marchaient \u00e0 Constantinople dans le bas-empire. Si je navais rien fait et \u00e9crit de belles lettres, jaurais encore sur le c\u0153ur la boue de Blois. Vous mavez vu faible. Lunion fait la force. Si ce principe est vrai partout, il lest surtout dans les assembl\u00e9es d\u00e9lib\u00e9rantes. Il ny a dexception que quand on a un Mirabeau, mais qui est-ce qui est Mirabeau? Pas moi pour un. Nous compterons pour quelque chose si aucun de nous ne tient avec opini\u00e2tret\u00e9 \u00e0 sa fa\u00e7on de voir. Nous sommes vingt amis, eh bien! il faut que chacun de nous pense comme pense la majorit\u00e9, qui est de onze. Demain, on mettra un article de loi en d\u00e9lib\u00e9ration dans la Chambre ; eh bien! apr\u00e8s d\u00eener, ici, entre nous, mettons en d\u00e9lib\u00e9ration cet article de loi. Pour moi, je nai davantage sur vous que d\u00e9tudier les roueries de Paris depuis quarante-cinq ans. Je sacrifierai toujours mon opinion \u00e0 celle de la majorit\u00e9 de mes amis, car enfin, quatre yeux y voient mieux que deux. Nous mettrons en d\u00e9lib\u00e9ration lopinion quil faudra avoir demain ; si nous sommes vingt, comme je lesp\u00e8re, et que onze se d\u00e9clarent pour oui, il faut absolument que les neuf autres disent oui, quand m\u00eame ils seraient passionn\u00e9ment attach\u00e9s au non. Cest l\u00e0 le secret de notre force. Si jamais nous arrivons \u00e0 r\u00e9unir trente voix s\u00fbres sur tous les sujets, les ministres nauront plus aucune gr\u00e2ce \u00e0 vous refuser. Nous ferons un petit m\u00e9morandum de la chose que chacun de nous d\u00e9sire le plus obtenir pour sa famille je parle de choses faisables. Quand chacun de nous aura obtenu de la peur des ministres une gr\u00e2ce \u00e0 peu pr\u00e8s de la m\u00eame valeur, nous passerons \u00e0 une seconde liste. Que dites-vous, messieurs, de ce plan de campagne l\u00e9gislative? Daignez, monsieur, maccorder un mot de r\u00e9ponse claire. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/p7.storage.canalblog.com\/74\/51\/1133534\/91846214.jpeg\" alt=\"stendhal lucien leuwen rencontre amoureuse\" align=\"left\"> Le fait est que le comte Roller croyait sapercevoir que Leuwen, quil navait jamais rencontr\u00e9 chez madame dHocquin court, allait jouer un r\u00f4le agr\u00e9able dans cette soir\u00e9e, ce que ne pouvant dig\u00e9rer il sortit. Vous \u00eates un bien brave homme Le riche banquier Leuwen, avec mademoiselle Des Brins, \u00e7a ne triche pas Mais le g\u00e9n\u00e9ral N? Apr\u00e8s ce grand mot prononc\u00e9, M. Leuwen se sentit saisi dun tel besoin d\u00e9clater de rire quil senfuit M. Grandet \u00e9tait rentr\u00e9 chez lui p\u00e2le et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. De toute la journ\u00e9e il ne fut plus tent\u00e9 de se comparer \u00e0 Colbert. Il avait justement le degr\u00e9 de tact n\u00e9cessaire pour comprendre quil avait souverainement d\u00e9plu au mar\u00e9chal. Il est vrai que la grossi\u00e8ret\u00e9 du vieux g\u00e9n\u00e9ral, ennuy\u00e9, voleur et rong\u00e9 de bile, avait proportionn\u00e9 sa conduite \u00e0 la rapidit\u00e9 de tact de M Grandet. Leuwen et sa m\u00e8re navaient pas eu une seconde dincertitude. Le contrat fut sign\u00e9 avec MM. Reffre et Gavardin, qui donn\u00e8rent 4.000 francs de pension viag\u00e8re \u00e0 madame Leuwen parce quun autre commis offrait cette augmentation. Du reste, le contrat fut sign\u00e9 avec les clauses indiqu\u00e9es ci-dessus. Ces messieurs pay\u00e8rent 100.000 francs comptant, et le m\u00eame jour madame Leuwen mit en vente ses chevaux, ses voitures et sa vaisselle dargent. Son fils ne sopposa \u00e0 rien ; il lui avait d\u00e9clar\u00e9 que pour rien au monde il ne prendrait autre chose que sa pension viag\u00e8re de 1.200 francs et 20.000 francs de capital.  Le site http:www.alliance-meeting.fr a pour objet de fournir une information concernant lensemble des activit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9. Cest au milieu de tout cela que Lucien vivait. Il \u00e9tait bien rare quil pass\u00e2t une journ\u00e9e sans voir le docteur, et, m\u00eame dans le monde, ce terrible docteur lui adressait souvent ses improvisations passionn\u00e9es. Une haute et sublime d\u00e9votion, ou bien avoir de lesprit comme madame de Sta\u00ebl, ou bien une illustre amiti\u00e9 ; devenir lamie intime de la reine ou de madame Ad\u00e9la\u00efde et une sorte de madame de Polignac de 1785, \u00eatre ainsi \u00e0 la t\u00eate de la cour des femmes et donner des soupers \u00e0 la reine ; ou bien il fallait au moins une illustre amiti\u00e9 dans le faubourg Saint-Germain. Flaubert peut rebuter par certains c\u00f4t\u00e9s : on dit souvent que L\u00e9ducation sentimentale est le roman de lennui, le h\u00e9ros, Fr\u00e9d\u00e9ric nest pas tr\u00e8s reluisant mais certains passages sont Quelle est bien la profondeur du foss\u00e9 creus\u00e9 entre le palais des Tuileries et le jardin? lui disait un jour le comte de Vassignies.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>stendhal lucien leuwen rencontre amoureuse<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6944"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6944"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6944\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6945,"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6944\/revisions\/6945"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6944"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6944"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jab.lv\/forum\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6944"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}